En mai 1911, toute l’Europe retient son souffle. Les regards sont tournés vers un événement aussi spectaculaire qu’audacieux : la grande course aérienne Paris–Madrid, organisée par Le Petit Parisien. À cette époque, l’aviation en est encore à ses balbutiements. Voler reste une aventure incertaine, dangereuse, réservée à quelques pionniers prêts à risquer leur vie.
Parmi les concurrents figure un jeune pilote de seulement 22 ans : Roland Garros. Bien avant que son nom ne devienne mondialement célèbre grâce au tennis, Garros est avant tout l’un des grands pionniers de l’air. Il participe à la course aux commandes d’un fragile Blériot XI, symbole de cette aviation héroïque où chaque vol relève de l’exploit.
Roland Garros lors de la grande course aérienne Paris–Madrid
Les concurrents de la grande course aérienne Paris-Madrid
Départ de Roland Garros sur son Blériot XI
Une course aussi prestigieuse que dramatique
Dès le départ à Issy-les-Moulineaux, le drame frappe la compétition. L’appareil du pilote Louis Émile Train, victime d’une panne moteur, percute plusieurs personnalités présentes au sol.
Le ministre de la Guerre Maurice Berteaux est tué sur le coup. Ernest Monis ainsi que Henry Deutsch de la Meurthesont grièvement blessés. Ce terrible accident marque durablement les esprits.
Malgré cela, la course continue. Dotée d’un prix exceptionnel de 100 000 francs, elle propose un parcours d’environ 1 200 kilomètres, réparti en trois étapes :
- Paris → Angoulême
- Angoulême → San Sebastián
- San Sebastián → Madrid via Burgos
Les pilotes doivent affronter les vents des plaines françaises, les reliefs pyrénéens et les montagnes sauvages du nord de l’Espagne, alors dépourvues de toute infrastructure aérienne.
Jules Védrines, seul vainqueur
Au terme de quatre journées épiques, un seul homme parvient à rallier l’arrivée : Jules Védrines, sur un Morane-Borel.
Mais pour Roland Garros, c’est surtout la deuxième étape, entre Angoulême et Saint-Sébastien, qui va entrer dans la légende.
L’atterrissage inattendu sur le Jaizkibel
Le 23 mai 1911, alors qu’il approche de la frontière franco-espagnole, Garros longe la côte atlantique. Sous ses ailes défilent des falaises abruptes, des pâturages balayés par le vent et, au loin, la silhouette massive du Jaizkibel, dominant l’océan.
Soudain, un problème survient : il manque de carburant.
Aucun aérodrome, aucune piste d’atterrissage, aucun secours possible. Seulement l’urgence de trouver un terrain où poser son appareil avant la panne totale.
Garros aperçoit alors une zone herbeuse sur les hauteurs du Jaizkibel, près de Hondarribia. Le moteur tousse, ralentit… puis s’arrête.
Dans un silence brutal, il réussit un atterrissage d’urgence parfaitement maîtrisé.
Ni blessé, ni appareil endommagé : simplement la démonstration du sang-froid et du talent d’un aviateur hors norme.
L’aide des habitants et le redécollage
Très vite, des habitants du secteur ainsi que des militaires du Fort de Guadalupe accourent pour lui porter assistance.
Ils transportent du carburant jusqu’au lieu d’atterrissage et aident le pilote à préparer le redécollage.
Après une courte prise d’élan sur la pente herbeuse, le Blériot XI quitte de nouveau le sol. Roland Garros reprend son envol au-dessus du Pays basque et met le cap sur San Sebastián, où il atterrit sain et sauf.
Un épisode méconnu de l’histoire aérienne basque
Cet atterrissage improvisé sur le Jaizkibel reste l’un des épisodes les plus étonnants de l’aviation pionnière au Pays basque. Il rappelle qu’avant d’être un nom gravé sur la terre battue parisienne, Roland Garros fut l’un de ces hommes qui ont conquis le ciel avec courage, instinct… et parfois, un réservoir presque vide.
Le 23 mai 1911, près de Hondarribia, Roland Garros réussit un atterrissage d’urgence sans dommage sur les hauteurs du Jaizkibel après une panne de carburant, démontrant son exceptionnel sang-froid et son talent de pilote.
Bibliographie & sources
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Archives et récits sur la course aérienne Paris–Madrid (1911).
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Études historiques sur Roland Garros et l’aviation des débuts.
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Témoignages locaux de Fontarrabie / Hondarribia liés à l’atterrissage du 23 mai 1911.
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Travaux sur le Blériot XI et les pionniers français de l’air.
Atterrissage du monoplan Blériot de Jules Védrines sur la plage de Saint Sébastien le 24 mai 1911
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