Le village de Saint-Martin-d'Arbéroue - Donamartiri

En Basse-Navarre, dans un paysage de collines verdoyantes, de prairies et de bois, Saint-Martin-d’Arbéroue, Donamartiri en basque, appartient à l'ancien pays d'Arbéroue. À l'écart des grands axes, le village a conservé cette physionomie rurale caractéristique de l'intérieur du Pays basque, où les maisons et les fermes se dispersent dans la campagne autour d'un petit noyau villageois.

Un village de l'Arbéroue

Saint-Martin-d'Arbéroue se situe dans la vallée de l'Arbéroue, petite rivière qui traverse cette partie de la Basse-Navarre. Son territoire, d'une superficie d'environ 14,7 km², s'étend sur un relief vallonné dominé par les pâturages et les hauteurs boisées.

Autour de Saint-Martin se trouvent Isturits, Saint-Esteben, Armendarits, Méharin et Orègue, tandis qu'Hélette n'est distante que de quelques kilomètres. Tous ces villages appartiennent à un même ensemble géographique et historique, celui de l'Arberoue, ou Arberoa en basque.

Durant des siècles, les chemins reliant ces villages furent essentiels. Ils permettaient de gagner les marchés, les foires, les églises et les villages voisins, mais servaient surtout aux déplacements quotidiens des habitants et des troupeaux.

Le village de Saint-Martin-d'Arbéroue - Donamartiri dans les années 1950

De Belhoritz à Donamartiri

Avant de porter son nom actuel, Saint-Martin-d'Arberoue était connu au Moyen Âge sous le nom de Belhoritz. Ce toponyme ancien pourrait évoquer un lieu abondant en herbe ou en pâturages, une interprétation qui correspond particulièrement bien au paysage et à l'ancienne vocation agricole du territoire.

Le nom basque Donamartiri désigne quant à lui Saint-Martin. L'appellation française associe le nom du saint à celui de l'ancien pays d'Arberoue.

L'Arberoue apparaît très anciennement dans les documents médiévaux, sous différentes formes. Ce nom désignait autrefois un territoire bien plus qu'une simple vallée : il correspondait à une petite entité historique de la Basse-Navarre possédant ses propres institutions et ses lieux d'assemblée.

Saint-Martin, ancien centre de l'Arbéroue

La tranquillité actuelle de Saint-Martin-d'Arberoue ne doit pas faire oublier l'importance que le village posséda autrefois.

Saint-Martin fut en effet l'un des centres politiques de l'Arberoue et le siège de l'assemblée des maîtres de maison de la vallée. Dans l'ancienne société basque, la maison, l'etxe, constituait bien davantage qu'une habitation : elle représentait une unité familiale, économique et sociale qui se transmettait de génération en génération.

Le village possédait également un château, situé à proximité de l'église. Son existence est attestée dès le Moyen Âge et rappelle les liens étroits de cette partie de la Basse-Navarre avec le royaume de Navarre.

En 1435, vingt-quatre maisons auraient été anoblies autour de l'ancien château, appelé « Palacio ». Certaines demeures anciennes du village témoignent encore aujourd'hui de cette longue histoire.

La seigneurie de Saint-Martin devint par la suite une baronnie puis fut érigée en vicomté en 1657.

Après la Révolution française, l'organisation administrative changea profondément. En 1790, Saint-Martin-d'Arberoue devint même pendant quelque temps chef-lieu d'un canton comprenant notamment Ayherre, Isturits, Méharin et Saint-Esteben.

Saint-Martin-d'Arbéroue au début du XXe siècle

Lorsque furent prises les premières cartes postales de Saint-Martin-d'Arbéroue, au début du XXe siècle, le village comptait davantage d'habitants qu'aujourd'hui.

Le recensement de 1896 dénombrait 507 habitants, et celui de 1901, 509 habitants. On peut donc considérer qu'autour de 1900, environ 510 personnes vivaient à Saint-Martin-d'Arbéroue.

Le village était alors profondément agricole. Les fermes constituaient le cœur de la vie économique et familiale. On cultivait les terres nécessaires à la maison, on entretenait les prairies et l'on élevait principalement bovins et ovins. Les travaux agricoles rythmaient les saisons : fenaisons, récoltes, entretien des parcelles, déplacements des troupeaux et travaux forestiers.

La vie quotidienne était bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Les déplacements s'effectuaient encore largement à pied, à cheval ou avec des charrettes. Les chemins étaient fréquentés par les cultivateurs, les bergers, les artisans et les habitants se rendant d'une maison à l'autre.

L'église et le bourg constituaient des points de rencontre privilégiés. Le dimanche, les offices réunissaient une population habituellement dispersée dans les fermes. Les fêtes religieuses, les marchés et les foires des villages voisins étaient autant d'occasions de rencontres et d'échanges.

Les liens avec Isturits, Saint-Esteben, Hélette, Méharin, Armendarits ou Ayherre étaient alors particulièrement importants. Ces quelques kilomètres, qui nous paraissent aujourd'hui insignifiants en automobile, représentaient autrefois de véritables déplacements dans la vie quotidienne.

Le village de Saint-Martin-d'Arbéroue - Donamartiri dans les années 1950

Un village qui se dépeuple au XXe siècle

Comme beaucoup de communes rurales de l'intérieur du Pays basque, Saint-Martin-d'Arbéroue connut au cours du XXe siècle une importante diminution de sa population.

Après les quelque 510 habitants du début des années 1900, la commune n'en comptait plus que 458 en 1911. Le recul se poursuivit durant plusieurs décennies, particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, sous l'effet de la transformation de l'agriculture et du départ d'une partie de la population vers les villes et le littoral.

Le point bas fut atteint autour des années 1980 : 284 habitants étaient recensés en 1982, soit presque deux fois moins qu'au début du siècle.

Depuis, la tendance s'est quelque peu inversée. La commune a progressivement regagné des habitants et en comptait 350 en 2023.

Cette évolution démographique raconte à elle seule une partie de l'histoire des campagnes basques : un monde rural très peuplé au XIXe et au début du XXe siècle, suivi par plusieurs décennies d'exode rural, puis par un regain d'attractivité de certains villages à partir de la fin du XXe siècle.

Le village de Saint-Martin-d'Arbéroue - Donamartiri

Bibliographie et sources

  • INSEE, Dossier complet – Commune de Saint-Martin-d’Arberoue (64489) : données démographiques contemporaines et évolution de la population.
  • Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Recensements de population de Saint-Martin-d’Arberoue : données démographiques des XIXe et XXe siècles.
  • Jean-Baptiste Orpustan, Nouvelle toponymie basque : noms des pays, vallées, communes et hameaux historiques de Labourd, Basse-Navarre et Soule, Presses Universitaires de Bordeaux, 2006.
  • Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées, Paris, Imprimerie nationale, 1863.
  • Philippe Veyrin, Les Basques de Labourd, de Soule et de Basse-Navarre : leur histoire et leurs traditions, Musée Basque, Bayonne.
  • Eugène Goyheneche, Le Pays Basque : Soule, Labourd, Basse-Navarre, Société Nouvelle d'Éditions Régionales et de Diffusion, Pau, 1979.
  • Mairie de Saint-Martin-d’Arberoue, présentation historique et patrimoniale de la commune.
  • Base Mérimée – Ministère de la Culture, notices relatives au patrimoine architectural et historique de Saint-Martin-d’Arberoue et de l'Arberoue.
  • Grottes d'Isturitz et d'Oxocelhaya, documentation historique et archéologique consacrée à l'occupation préhistorique de la vallée de l'Arberoue.

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