À quelques pas de Saint-Jean-Pied-de-Port - Donibane-Garazi, Uhart-Cize, Uharte Garazi en basque, s'étend au pied des montagnes de Basse-Navarre. Aujourd'hui presque rattaché visuellement à la cité de Garazi par l'urbanisation, le village possède pourtant une histoire ancienne et une identité propre, intimement liées aux cours d'eau, aux chemins et aux montagnes qui l'entourent.
Saint-Jean-Pied-de-Port et Uhart-Cize au début du XXe siècle
Uharte Garazi, « entre les eaux »
Le nom d'Uhart-Cize traduit parfaitement la situation géographique du village. En basque, Uharte est généralement rapproché de ur (« eau ») et arte (« entre, au milieu de »), donnant le sens d'« entre les eaux ».
Cette appellation prend tout son sens dans ce secteur où se rencontrent plusieurs cours d'eau : la Nive venant de la vallée d'Estérençuby, la Nive d'Arnéguy et le Laurhibar. Le lieu de leur rencontre porte d'ailleurs le nom évocateur d'Irureta, que l'on peut comprendre comme « les trois eaux ».
Le village apparaît dans les documents anciens sous la forme Uhart dès 1193, dans le cartulaire de Bayonne. On retrouve ensuite Uhart en 1513 dans les titres de Pampelune, puis Uharte en 1621.
L'appellation Cize, Garazi en basque, rappelle son appartenance historique au pays de Cize et permet de le distinguer d'Uhart-Mixe, situé dans l'ancien pays de Mixe.
Uhart-Cize au début du XXe siècle
Un village du pays de Cize
Uhart-Cize appartient à la Basse-Navarre et à l'ancien pays de Cize, territoire organisé autour de Saint-Jean-Pied-de-Port et des vallées conduisant vers les cols pyrénéens.
Le territoire communal, d'une superficie d'environ 11,7 km², s'étend depuis la vallée, à environ 150 mètres d'altitude, jusqu'aux reliefs dépassant les 1 000 mètres. Il est limitrophe de Saint-Jean-Pied-de-Port, Ispoure, Ascarat, Lasse, Arnéguy et Saint-Michel.
Cette position place depuis longtemps Uhart sur les voies de communication reliant le bassin de Saint-Jean-Pied-de-Port aux vallées pyrénéennes et à la Navarre.
Une histoire plus ancienne que Saint-Jean-Pied-de-Port
La mention d'Uhart dès 1193 montre que le village existait déjà au Moyen Âge. Son implantation pourrait même être antérieure au développement de la ville fortifiée de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Avant que cette dernière ne devienne le principal centre politique, commercial et militaire du pays de Cize, plusieurs petits noyaux de peuplement occupaient déjà les terres situées autour de la confluence de la Nive et du Laurhibar.
Uhart faisait partie de cet ancien paysage rural composé de maisons, de terres cultivées, de pâturages et de chemins reliant les différentes communautés de Garazi.
La région entretenait également des liens étroits avec Roncevaux. Des documents anciens mentionnent notamment les droits du prieur et des chanoines de Roncevaux sur la paroisse d'Uhart et sur certaines terres du pays de Cize.
Le village d'Uhart-Cize - Uharte-Garazi au début du XXe siècle
L'église Saint-Martin
Au centre de l'ancien village se dresse l'église Saint-Martin, élément majeur du patrimoine d'Uhart-Cize.
L'édifice conserve notamment des éléments attribués aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, avec les dates de 1650 et 1767mentionnées dans les sources patrimoniales. Comme de nombreuses églises de Basse-Navarre, elle constitue pendant des siècles le véritable centre de la communauté villageoise.
Autour de l'église se regroupaient autrefois maisons, cimetière et chemins conduisant vers les différents quartiers et fermes dispersées.
L'ancien presbytère devenu mairie
Un autre bâtiment remarquable se trouve à proximité : l'actuelle mairie d'Uhart-Cize.
À l'origine, il s'agissait d'une ferme, transformée par la suite en presbytère, avant de devenir la mairie. La tradition locale fait remonter le bâtiment au début du XVIIᵉ siècle, avec la date de 1618. Il constitue ainsi l'un des témoins de l'architecture ancienne du village.
Ces imposantes maisons aux murs épais rappellent l'organisation traditionnelle de la société bas-navarraise, dans laquelle la maison, etxea, constituait bien davantage qu'une simple habitation : elle représentait la famille, son patrimoine et son implantation dans la communauté.
Le village d'Uhart-Cize - Uharte-Garazi au début des années 1920
Jean Ybarnégaray et le château d’Argava
Parmi les personnalités liées à Uhart-Cize figure Jean Ybarnégaray, né dans le village le 16 octobre 1883. Il grandit à Argava, ancienne maison noble appartenant à sa famille, devenue plus tard connue sous le nom de « château d’Ybarnégaray ». À la fin du XIXᵉ siècle, son père, Albert Ybarnégaray, fait agrandir et embellir la demeure, qui prend alors l’allure imposante visible sur les cartes postales anciennes.
Avocat et homme politique, Jean Ybarnégaray devient maire d’Uhart-Cize et député des Basses-Pyrénées. Il joue également un rôle majeur dans l’organisation moderne de la pelote basque. Il est notamment à l’origine de la Fédération française de pelote basque, fondée en 1921, et participe ensuite au développement de la Fédération internationale.
Figure marquante de la vie politique et sportive basque durant la première moitié du XXᵉ siècle, Jean Ybarnégaray reste ainsi étroitement associé à Uhart-Cize et à la demeure familiale d’Argava, plus connue dans le village sous le nom de château d’Ybarnégaray.
Uhart-Cize au début du XXᵉ siècle
À la veille du XXᵉ siècle, le paysage d'Uhart est très différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Saint-Jean-Pied-de-Port et Uhart-Cize constituent encore deux ensembles nettement séparés par des terres agricoles.
En 1896, Uhart-Cize compte 629 habitants. Le recensement de 1901 en dénombre 608, puis 594 en 1906 et 596 en 1911.
Après la Seconde Guerre mondiale, Uhart-Cize connaît d'importantes transformations.
La commune ne compte plus que 472 habitants en 1954, contre plus de 600 au début du siècle. La tendance s'inverse progressivement à partir des années 1960 : 498 habitants en 1968, 563 en 1982, 658 en 1990 et 808 en 2016. L'INSEE recensait 795 habitants en 2022.
Le village avait connu son maximum démographique au milieu du XIXᵉ siècle : 700 habitants étaient recensés en 1851. À partir de cette période, comme beaucoup de communes rurales du Pays basque intérieur, Uhart connaît une diminution progressive de sa population.
L'exode rural, mais aussi l'émigration basque vers l'Amérique, participent à cette évolution générale qui touche alors une grande partie de la Basse-Navarre.
Le village d'Uhart-Cize - Uharte-Garazi
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