Au début du mois de juin 1913, des pluies torrentielles s’abattent sur les montagnes basques et provoquent l’une des plus importantes crues du début du XXᵉ siècle dans la vallée de la Nive. Les cours d’eau, alimentés par les torrents descendant des versants, grossissent brutalement et causent d’importants dégâts.
Des pluies torrentielles sur les montagnes
Les 2 et 3 juin 1913, de très fortes précipitations touchent une grande partie des Pyrénées occidentales. Le département des Basses-Pyrénées est durement éprouvé et plusieurs rivières connaissent des crues majeures. Les documents consacrés aux risques naturels qualifient la situation dans la vallée des Aldudes de véritable désastre.
La configuration géographique de la vallée amplifie considérablement le phénomène. Les montagnes entourant Baïgorry possèdent des versants abrupts parcourus par de nombreux ruisseaux. Lorsque les pluies deviennent exceptionnellement abondantes, l’eau dévale rapidement les pentes et rejoint en quelques heures la Nive.
Les torrents ne transportent alors plus seulement de l’eau : terre, pierres, branches, troncs d’arbres et matériaux divers sont entraînés vers le fond de la vallée.
Saint-Étienne-de-Baïgorry durement touché
À Saint-Étienne-de-Baïgorry, la Nive des Aldudes se transforme en un torrent particulièrement violent. Les eaux, chargées de terre, de pierres, de branches et de débris, envahissent les secteurs proches de la rivière et bouleversent le paysage.
L’un des phénomènes les plus spectaculaires se produit près du Zubi Konkorra, le vieux pont de pierre communément appelé « pont romain ». Sous la violence de la crue, la Nive modifie son cours et abandonne une partie de son ancien lit.
Cette transformation donne naissance à une petite île au cœur du village, à l’origine du lieu aujourd’hui connu sous le nom d’Isla. Bien plus tard, l'ancien bras de la rivière sera progressivement comblé, mais le nom conservera le souvenir de la catastrophe.
Saint-Étienne-de-Baïgorry les inondation du 3 juin 1913
Saint-Étienne-de-Baïgorry les inondation du 3 juin 1913
Saint-Étienne-de-Baïgorry les inondation du 3 juin 1913
À Itxassou, le Laxia se déchaîne
Plus en aval, Itxassou est également frappé. La Nive est en crue, mais les torrents descendant des montagnes provoquent eux aussi d’importants dégâts.
Dans le quartier du Laxia, le ruisseau se transforme en torrent. Les eaux dévalant des montagnes envahissent la vallée et atteignent notamment le moulin du Laxia, qui est inondé lors de la crue de 1913, un fait encore mentionné dans les documents officiels consacrés aux risques d’inondation de la commune.
La vallée du Laxia est alors un secteur rural où se trouvent plusieurs fermes ainsi que le moulin établi au bord du cours d’eau. Un témoignage publié cette même année décrit d’ailleurs le vallon et son moulin à maïs installé près du torrent.
Itxassou – Le quartier du Laxia après la crue dévastatrice des 2 et 3 juin 1913.
Une catastrophe restée dans les mémoires
De Saint-Étienne-de-Baïgorry à Itxassou, la catastrophe de juin 1913 rappelle la puissance des cours d’eau de la montagne basque. En quelques heures, la Nive et ses affluents peuvent quitter leur lit, emporter des matériaux et transformer profondément les paysages.
À Baïgorry, la crue a laissé son empreinte jusque dans la géographie du village avec la naissance d’Isla. À Itxassou, le souvenir demeure notamment associé au Laxia et à son ancien moulin, victime de la montée brutale des eaux.
Plus d’un siècle après les événements, cette grande crue constitue un épisode marquant de l’histoire de la vallée de la Nive et témoigne de la relation, parfois difficile, qu’entretenaient autrefois les villages basques avec leurs rivières.
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