Les lavoirs d’Ascain

Au début du XXe siècle, les lavoirs constituaient l’un des principaux lieux de vie et de travail des femmes du village d’Ascain. Autour des eaux limpides de l’Uharka, une véritable activité économique s’était développée, fondée sur un savoir-faire reconnu bien au-delà du village.

Le moulin et le lavoir d'Ollako Errota d'Ascain en 1900

Grâce à la pureté exceptionnelle de cette eau, les familles d’Ascain s’étaient spécialisées dans le lavage du linge provenant des hôtels de Saint-Jean-de-Luz. Chaque matin, les ballots arrivaient avec les paysans de retour du marché. Le linge était alors lavé sans attendre par toute la famille — les hommes participaient eux aussi à cette tâche exigeante.

Après le lavage, les draps et vêtements étaient étendus dans les prés pour sécher au grand air. Mais lorsque soufflait le vent du sud, on évitait cette pratique : on disait qu’il fragilisait et cassait les fibres du linge.

Une fois sec, le linge était soigneusement repassé, remis en sacs puis expédié en fin de journée grâce au tramway reliant Sare à Ciboure.

Pendant plusieurs décennies, cette activité a rythmé la vie du village et fait vivre de nombreuses familles. Mais l’arrivée des blanchisseries industrielles a profondément transformé cette économie locale. Les calandres — ces machines capables de repasser rapidement de grandes quantités de linge — ont peu à peu remplacé le travail manuel des lavandières.

Avec le déclin des lavoirs, c’est tout un mode de vie qui a disparu. Ce changement a marqué un tournant social et économique important pour Ascain, modifiant durablement la place des femmes et des familles dans l’organisation du travail local.

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